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Monographie

L’industrie française de l’acier au XVIIIe siècle : ses acteurs, l’État, l’innovation, les désillusions, un enjeu entre la France et l’Angleterre

Détails:

  • Type de document: Monographie
  • Description physique: 1vol. (145p.) ; 21x29,7cm
  • Détenteur: Famille Rosenberger
  • Auteur: Rosenberger (Georges)
  • Domaine: Histoire
  • Sujet: Industrie française de l'acier
  • Pays: France
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L’industrie française de l’acier au XVIIIe siècle : ses acteurs, l’État, l’innovation, les désillusions, un enjeu entre la France et l’Angleterre
Fiche édité par : le 29 novembre 2018

Description:

L’industrie française de l’acier au XVIIIe siècle : ses acteurs, l’État, l’innovation, les désillusions, un enjeu entre la France et l’Angleterre par Georges Rosenberger

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DEA d’histoire
Directeur de recherche : Jochen Hoock
Année universitaire 1996-1997

Université Paris VII – UFR de géographie, histoire et sciences humaines

Partie de recherche bibliographie : 90 pages
Étude : une entreprise familiale normande LES LEVACHER – 54 pages

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Conclusion

Nous avons vu qu’en un siècle, la famille Lavacher a acquis une situation dominante et ce jusqu’en 1789, date à laquelle ils étaient propriétaires ou exploitants de sept hauts-fourneaux, trois forges et deux fenderies. Ils contrôlaient, avec les Caroillon, le marché du bois, grâce à leur mainmise sur la “source régionale” la plus importante, et de ce fait pouvaient dicter leurs lois sur les concurrents régionaux.

Après cette période de prospérité, nous avons assisté au “repli” des Levacher. Ont-ils fait des erreurs de gestion ? Nous ne disposons pas d’éléments pour statuer. Le ralentissement de la production industrielle et l’économie révolutionnaire avec les retards de règlements et la dépréciation des assignats ont contribué à les déstabiliser. La concentration des établissements réalisée aux dépens des Levacher et Caroillon se fit au profit du groupe Roy qui ensuite n’a pas cherché à améliorer le système technique.

Depuis le milieu du XVIIIe siècle, aucune modification n’a été effectuée ou introduite dans le système technique normand. En 1845, les établissements de Randonnai, Bérou, Bourth, La Poultière, Lallier, Breteuil, Condé fonctionnaient toujours au charbon de bois et la capacité moyenne de production des hauts-fourneaux ne dépassait pas les six cents tonnes annuelles.

Par contre, à la même époque, le Nivernais avait déjà accompli une partie du processus de dégagement de la filière bois. D’Urclé acheta le haut-fourneau de La Feuillarde en 1809. Pressentait-il l’impasse de la métallurgie normande ? Sans pouvoir déterminer la date à laquelle la houille commence à remplacer le bois, nous constatons qu’en 1840, le combustible utilisé était mi-charbon de bois mi-coke, et la production du haut-fourneau passa entre 1809 et 1840 de quatre cents à trois mille deux cents tonnes. Deux explications qui se complètent : un nouveau haut-fourneau dont les dimensions sont plus importantes, combiné avec une machine à vapeur qui permet d’éviter les arrêts de production dus aux basses-eaux.

La comparaison que nous avons faite entre le Nivernais et la Normandie entre dans le schéma décrit par l’historien anglo-saxon Sydney Pollard qui récuse l’idée d’une économie nationale au profit de pôles régionaux.

Sauf dans les régions privilégiées situées près des houillères, la métallurgie française était préoccupée par les gains d’énergie de la filière bois qui étaient l’amélioration de la carbonisation et la récupération de chaleur, et s’intéressait peu à l’introduction de la fonte au coke. Il faudra une inversion des coûts pour promouvoir l’incitation.

Dans les premières années du XIXe siècle, Paul Isidore d’Urclé, le dernier élément métallurgiste, continua l’oeuvre familiale, mais sur une moindre échelle. Par ailleurs, il fut maire de Condé-sur-Iton de 1807 à 1826, maire de Breteuil en 1841, et conseiller général pour le canton de Breteuil jusqu’à sa mort, en 1851. Son fils Paul Louis Félix qui avait épousé une Caroillon de Vandeuil, devint maire de Breteuil en 1853, conseiller général en 1862 et de nouveau en 1874.

Patrick Verley oppose les industriels du Nord et de l’Est de la France aux normands : « en Normandie, en revanche, une tendance contraire, héritée des mentalités de l’Ancien Régime, persistait : l’entreprise industrielle était moins considérée comme un but que comme un moyen d’ascension dans la classe supérieure, abandonnée ensuite au profit d’un genre de vie noble ou du moins non industrielle : achats de manoirs, alliances aristocratiques, engagements dans la vie politique, … »

A. M. Fixot exprime la même opinion : « Marchands, fabricants et artisans promus industriels qui se comportent comme des parvenus et ne considérant leurs activités économiques que comme un tremplin vers des professions politiques et libérales, trop soucieux de notabilité et d’alliances matrimoniales, l’obsession de la sécurité l’a emporté sur le goût du risque, et l’idéal du noble terrien en quête d’aristocratie, sur l’esprit d’entreprise »

On ne peut reprocher aux Levacher d’avoir étendu leur domaine industriel plutôt que d’en avoir amélioré le rendement. En cela, ils se sont comportés comme des propriétaires terriens et nous ne pouvons leur appliquer notre grille de lecture actuelle qui idéalise l’entrepreneur dynamique. La montée en puissance de la famille Levacher s’est appuyée sur la croissance de l’industrie métallurgique française au XVIIIe siècle, croissance lente et continue, protégée par des barrières douanières.Toutefois, nous avons montré que Levacher de Perla innovateur nous donne une image différente des nobles métallurgistes normands, telle que décrite par Patrick Verley et A.M. Fixot.

Les entrepreneurs français du XVIIIe siècle sont accusés d’immobilisme quand on les compare aux entrepreneurs britanniques qui eux n’eurent à subir ni le marasme économique dû à la Révolution, ni les insuffisances de sources de financement dont souffrait l’industrie française et que l’on peut expliquer par la défiance du public à l’égard de tout système bancaire. Ces différents paramètres ne favorisèrent pas l’innovation technique qui se fit lentement en France et encore plus lentement en Normandie. La localisation des fourneaux normands dont le choix date du XVIe siècle, fut un facteur défavorable supplémentaire. En effet, ils étaient situés près des sources d’approvisionnement du minerai qui devinrent insuffisantes au XIXe siècle, au bord de ruisseaux ou d’étangs qui n’étaient pas des voies navigables, et surtout loin d’axes de communication qui auraient permis l’arrivée de la houille et du minerai , lesquels auraient pu favoriser le changement de filière combustible. Dernier argument: ils étaient loin des marchés d’utilisation.

La métallurgie au bois va perdurer dans toute la France jusqu’au XXe siècle , et c’est toute la métallurgie du Perche et de l’Ouche qui va disparaître en 1860, la qualité de la fonte produite étant insuffisante pour être utilisée en aval avec les nouvelles techniques.

Jusqu’à nos dernières décennies, le bois est toujours utilisé en hauts-foumeaux en Inde et au Brésil avec des capacités unitaires de centaines de milliers de tonnes et des mises au mil de 800 pour mille kilos de fonte… Il nous faut relativiser ce qui nous paraissait être immobilisme dans l’utilisation du bois au XVIIIe siècle.

Georges Rosenberger

       

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