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Buxière-les-Froncles – Froncles (Haute-Marne)

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Buxière-les-Froncles – Froncles (Haute-Marne)
Fiche édité par : le 29 décembre 2017

Référence(s) documentaire(s)

Histoire des frères Michel (Fontes 107 - ASPM édition - décembre 2017) Source: Monique Cardot, la forge de Froncles dans l’Histoire XVIII°-XIX° siècles - 2010 pages 84-85)

Description:

52 – Froncles
 “On se souvient que Mollerat a acquis la forge pendant la période trouble de la vente des biens des émigrés mis sous séquestre, de Jean-Baptiste Courty, son parent. C’est que Christophe de La Vallée de Pimodan, dans sa fuite, n’a certainement pas eu comme premier souci de mettre les documents relatifs à sa forge à la disposition du pouvoir révolutionnaire. Celle-ci fut vendue comme on l’a vu, après inventaire, au plus offrant sans autre souci que d’en tirer le meilleur parti pour la Nation. On ne demande pas à Mollerat une preuve de propriété mais la preuve de son existence initiale et de sa composante. Après les temps incertains, il s’agit de lui redonner vie administrativement.
La forge de nouveau vendue
Napoléon exilé à Sainte-Hélène, la France est occupée durant trois ans par les coalisés de 1815 à novembre 1818. Jean-Baptiste Mollerat de Riaucourt ne verra pas le pays libéré de ses occupants, il décède le 17 janvier 1818.
La valeur de la forge de Frondes avec ses dépendances équivaut à un capital de 80 000 francs. Les frères Michel, « propriétaires de la terre d’Écot » et autres forges, en deviennent brièvement propriétaires le 24 octobre 1818 suivant « succession vacante du Sieur Mollerat de Riaucourt et aussi suivant acte de partage sous seings privés en date du 8 février 1820 fait entre les Michel et Caroilion de Vandeuil, gendre de Diderot ». Il est utile ici de s’arrêter en cette période, sur la situation de l’industrie métallurgique en général et départementale en particulier.
Quelques indications tirées de documents et correspondances préfectorales en donnent une idée. On a vu que la France métallurgique a peu changé depuis 1789. Elle ne changea pas davantage sous la Première Restauration. Si tant est que le nouveau gouvernement de Louis XVIII ait eu le projet d’ouvrir le marché aux fers anglais, la méfiance des maîtres de forges l’en dissuada. Le retard accumulé face à la métallurgie anglaise ne leur laissait que peu de chance d’affronter la concurrence, mais en même temps le repli sur le marché intérieur continuait de freiner les progrès techniques. Par prudence politique, on s’en tint au protectionnisme, les droits d’entrée des produits étrangers sont relevés à plusieurs reprises. À l’abri des barrières douanières à partir de 1815, la production, même jugée archaïque, progresse forcément. L’entreprise de type familial prévaut qui continue de travailler selon la technique de la fonte au bois. Le minerai est traité dans des hauts fourneaux de 6 à 7 m sur un lit de charbon de bois, la soufflerie et les marteaux sont actionnés par un moteur hydraulique. Le procédé de transformation de la fonte en fer est long, le besoin continu de bois entraîne une hausse du prix tout aussi continue.
Il y eut d’autres tentatives de modernisation comme celle concernant l’amélioration des transports, mais la lettre qu’adresse le sous-préfet de Wassy en mai 1820 au Préfet, confirme qu’en la matière, les maîtres de forges haut-marnais ne sont pas plus ouverts : « Je voulais recueillir tous les documents nécessaires en m’environnant des personnes et propriétaires les plus éclairés de mon arrondissement pour répondre à la circulaire de son Excellence le Ministre de l’Intérieur du 10/02, mais malgré mes itératives instances, je n’ai rien obtenu et je vais essayer de suppléer à cette apathie. Une forte et puissante impulsion est nécessaire pour opérer le mieux et il restera toujours à faire si le plus grand de tous les mobiles, l’intérêt, ne vient pas changer la direction des capitaux. Le commerce des fers et des bois fait toute la richesse de ce pays et tout l’argent est dans les coffres de MM. les maîtres de forges, et il n’aura d’autre destination que celle de leurs propres affaires. Il ne faut pas compter sur les capitalistes qui sont d’ailleurs en petit nombre pour l’exécution d’aucun projet, à moins qu’il ne se trouve dans le placement de leurs fonds des ressources assurées et au moins équivalentes à celles qu’ils en tirent annuellement par leur banque ».
Il s’agit d’une réponse à une demande de renseignements venue du Ministère sur les améliorations susceptibles d’être faites à l’agriculture et à l’industrie commerciale. Dans quelle mesure le financement d’une nouvelle voie de transport à une époque où la construction des canaux bat son plein, celui du canal de la Marne à la Saône serait-il acceptable par les capitalistes du département ?
Le préfet informe le ministère du peu d’espoir qu’il y aurait à entretenir ce projet à l’aide des capitaux privés en Haute-Marne : « Un autre canal de navigation pourrait s’ouvrir dans le département pour joindre la Saône à la Marne en traversant l’arrondissement de Langres. Ce canal faciliterait beaucoup l’échange de production du Midi et du Nord dont les transports dans l’état actuel des choses ne peuvent (se faire) que par terre jusqu’à Gray et jusqu’à Lyon. On ne peut pas trop calculer les frais que pourrait entraîner une telle entreprise, il paraît seulement qu’elle serait d’une importante utilité. Mais si elle s’exécutait par une réunion de capitalistes, ce ne serait guère dans le département qu’il pourrait se trouver des actionnaires, attendu qu’il y a trop peu de capitaux disponibles comparativement à la masse qu’il serait nécessaire d’y affecter ». C’est à partir de là que le canal de la Marne à la Saône restera pour longtemps encore l’Arlésienne des transports haut-marnais.
Vente de l’usine et des biens s’y rattachant
Les capitaux ne sont pas disponibles pour le creusement d’un canal, mais ils le sont pour le profit immédiat que peut procurer l’industrie du fer dans le département. C’est pourquoi sans doute, le 9 février 1821, Monsieur et Madame Charles Louis de Bonnecaze, propriétaires à Wassy, achètent aux frères Michel « les Forges et Fourneau de Froncles » avec leurs dépendances.»

Téléchargez les pages extraites du Fontes HS 13 consacré à la famille Michel et à Froncles (Buxière-les-Froncles) : Froncles Fontes HS13 Michel

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