Ch. Scherer
Description:
La forge de Pont-sur-Saulx fonctionnait déjà en 1549. Elle était l’une des plus anciennes du Barrois, dont l’évolution fut liée intimement à celle de la civilisation et des progrès matériels de l’humanité. La proximité d’une chute d’eau et du voisinage d’une forêt contribuèrent à son développement qui appartenait en 1549 à Vanault-Collesson, receveur général de Bar, époux de de Marie Paviette, fille de Jacob Paviette prévôt de Varennes. Le Second Empire fut une période de grande activité économique dans les environs. En 1860, l’usine de Pont-sur-Saulx, comprenant un haut fourneau et une fonderie à laquelle fut annexée une sucrerie, occupait environ 110 ouvriers. Après quelques années d’heureux essais, le propriétaire et maître de forges, Achille Gronnier (maire de Robert-Espagne entre 1852 et 1869), était parvenu à obtenir du sucre d’assez belle qualité dont il se servait lui-même à sa table. Durant l’invasion allemande en 1870-1871, qui amena une crise économique dans les vallées de la Saulx et de l’Ornain, les hauts fourneaux s’éteignirent les uns après les autres et il ne resta plus que les fonderies. Celles de Pont-sur-Saulx chômèrent plusieurs mois : quelques ouvriers furent employés à la sucrerie. Elle périclita une fois la paix signée. Mais l’activité renaquit aux forges, les ateliers de moulage s’agrandirent aux dépens des bâtiments de la sucrerie dont une grande partie du matériel fut vendu, à l’exception des chaudières et appareils à distiller dont le cuivre fut destiné à fabriquer des ceintures d’obus dont M. Gronnier fut lui-même l’inventeur. En 1881, 2,5 tonnes d’obus furent expédiées dans les arsenaux de Besançon ou de La Fère. Après M. Gronnier, l’usine fut dirigée en 1883 par la famille Delacourt. Puis par MM. Charles Scherer et Lechaudel. Pendant la Première Guerre mondiale, on y fabriquait notamment des grenades. Avant et au cours de la Seconde Guerre mondiale, c’est M. Henri Scherer qui était à la tête de la fonderie. En 1939, il fut obligé de cesser toutes activités. Après l’exode de 1940, les soldats allemands occupèrent le château et l’usine redémarra avec un petit nombre d’ouvriers, car beaucoup était prisonniers ou requis au STO. Mais, en 1942 ou 1943, les Allemands ont demandé à M. Scherer de fermer de nouveau les ateliers. Le directeur leur a répondu : « Ce n’est pas moi qui fermerai l’usine, c’est vous ». La réouverture a eu lieu fin 1945. L’on y fabriquait alors des fontes d’ornement, des pièces de cuisinières à gaz ou à charbon, puis des chaudières (la Gauloise) et bien d’autres produits, notamment des croix funéraires que l’on trouve encore dans le cimetière de Pont-sur-Saulx. L’usine fut fermée définitivement en 1953.
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